10 mars 2011
Vendredi 29 juin 2007.
Je ne pense pas t’avoir parlé du Métronome.
Je pourrais relire ce que je t’ai déjà dit, mais ce soir, je suis un peu fatigué et je n’en ai pas le courage.
Donc, si je l’ai déjà abordé, et bien sa spécialité, aura doublement marqué mon histoire.
On aurait dit une parodie à lui tout seul.
Il avait un physique tout ce qu’il y a de plus banal, mais lorsqu’il me prenait, il était imperturbable et d’une précision suisse.
On aurait dit que je me faisais culbuter par un culbuto, qui au bout de quatre minutes et trente-cinq secondes, remplissait le préservatif.
Si je suis si précis, c’est parce que j’ai chronométré et qu’il a toujours mis exactement quatre minutes et trente-cinq secondes.
Et s’il me faisait penser à ce jouet qui carillonne quand il se balance, c’est parce qu’à chaque fois que son corps entrait en contact avec mon postérieur et ce avec la régularité et la précision d’une horloge comtoise, il poussait une espèce de ahanement ridicule, que je pensais n’être là que pour couvrir le son produit par le choc de nos peaux l’une contre l’autre.
11 mars 2011
Samedi 30 juin 2007.
Le mois de juin touche à sa fin, les jardins de la propriété sont magnifiques.
Le soleil est sorti de son hibernation et chaque jour, je profite de ses bienfaits et de ses rayons qui me réchauffent le corps.
J’aime ces longs moments que je passe avec Hector.
Je le regarde et je fonds.
Je crois que je suis heureux et que s’il était mien plus encore, je serai heureux surement plus encore.
Depuis que le soleil est là tous les jours, son visage commence à prendre une couleur dorée qui le rend encore plus beau.
Il rayonne.
Plus les jours passent et plus, je découvre cette émotion qui me tient au ventre.
Je suis persuadé maintenant que je suis amoureux et c’est la première fois.
Cette sensation est tout aussi merveilleuse que douloureuse.
Je me sens si bien lorsqu’il est près de moi et si mal lorsqu’il n’est pas dans mon champ de vision.
J’ai beau savoir qu’il n’est pas loin, que je vais le revoir assez vite, je ne peux m’empêcher d’être quelque peu triste.
Et chaque fois qu’il reparaît je suis empli d’une joie immense.
J’ai peur de lui déclarer ma flamme.
C’est un comble, moi qui toute ma vie n’ai eu peur de rien ou presque, je bats en retraite devant cette évidence, devant ce bonheur à portée de mots.
Plus le temps passe et plus je me demande si je n’ai pas inconsciemment passé ma vie à éviter cette douleur heureuse.
J’ai usé mon corps dans la luxure, j’ai assouvi mes envies de pouvoir en manipulant les hommes qui avaient envie de mon corps, j’ai pris du plaisir physique avec certains, j’ai aimé cette vie, mais aujourd’hui alors que j’arrive au bout de la route, je me demande si j’ai été heureux.
C’est quoi le bonheur ?
13 mars 2011
Dimanche 1er juillet 2007.
C’est incroyable ce que tu provoque en moi.
Je me raconte, aujourd’hui et hier, et les souvenirs remontent.
Un peu n’importe comment, petit à petit, mais des évènements qui avaient disparus de ma mémoire reviennent.
Sans le vouloir, je les revis.
Je les comprends.
Et cela me fait me poser des questions.
Je réfléchis, je pense, j’apprends.
Je me sens un homme nouveau.
Un peu comme si, je recommençais ma vie au début.
Je me pose des questions qui ne m’étaient jamais venues à l’esprit.
Aurais-je eu jusqu’à toi, une vie superficielle ?
14 mars 2011
Lundi 2 juillet 2007.
C’est certain, tu m’oblige à me remettre en cause.
Mais il y a une question que je me pose et dont je n’arrive pas à trouver une réponse cohérente.
Est-ce toi qui m’as ouvert les yeux sur Hector ?
Depuis le temps que je le connais, que je le vois tous les jours, jamais je ne l’avais remarqué.
Pourtant, c’est un homme magnifiquement beau, excitant.
Jamais Java ne serait passé à côté de lui sans le voir.
Alors pourquoi maintenant ?
22 mars 2011
Mardi 3 juillet 2007.
Je ne sais pas ce qui a déclenché cela, mais je tiens à Hector, plus qu’à tout au monde.
Pourquoi ? Je n’en sais rien.
Je ne pense pas avoir déjà ressenti cela.
En faite, je crois au plus profond de moi que je suis véritablement amoureux.
C’est violent comme sensation.
C’est tout aussi bon que ça fait mal.
Plus les jours passent et plus je comprends des choses, mais en même temps moins j’en comprends d’autres.
La vie est bizarre tout de même.
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