Je t’ai dit hier que je te parlerai du Rouquin.

Lui, c’était un artiste.

Toujours la tête dans les nuages, les cheveux en bataille, il est même arrivé fréquemment qu’il arrive avec des vêtements tachés de peinture ou de glaise.

Il devait chercher sa voie artistique et s’essayait aussi bien à la peinture, qu’à la sculpture, à la poterie, au dessin et même au chant et à la danse, et je ne sais quoi encore.

Il prenait rendez-vous au gré de ses envies et chaque fois, il arrivait en début d’après-midi pour ne repartir que le lendemain en fin de matinée.

Parfois, il arrivait qu’au lieu de me demander d’officier dès son arrivée, il m’emmène voir une exposition, ou me fasse une démonstration de chant ou de danse.

Une fois, il m’a même emmené dans son atelier pour me faire découvrir ses œuvres.

De par mon éducation, j’avais quelques notions d’histoire de l’art, et je dois bien t’avouer que ce jour là, j’ai su qu’il ne bénéficierait jamais même à titre posthume d’aucune célébrité, mais je ne lui ai jamais rien dit, le laissant à ses espoirs.

C’était une sorte de doux-dingue, pas dangereux, même drôle plutôt.

S’il n’avait pas eu ce côté un marginal, je ne l’aurais probablement jamais remarqué, il serait passé invisible au même titre que de nombreux jouisseurs qui n’avaient rien de spécifiques pour qu’ils attirent mon attention.